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Full text of "Pedagogie, definition de la pedagogie fondements de cette science, son but - sa division"

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PÉDAGOGIE 










DÉFINITION DE LA PÉDAGOGIE 
FONDEMENTS DE CETTE SCIENCE 

SON BUT— SA DIVISION 




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DÉFINITION DE LA PÉDAGOGIE 

FONDEMENTS DE CETTE SCIENCE 

SON BUT— SA DIVISION 



QUÉBEC 

IMPRIMERIE A. CÔTE ET C le 
1877 



LP 



PÉDAGOGIE 



DÉFINITION DE LA PÉDAGOGIE. — FONDEMENTS DE CETTE 
SCIENCE. — SON BUT; SA DIVISION. 



1ère PARTIE. 

PÉDAGOGIE PROPREMENT DITE. 

Ici on considère l'instituteur comme préposé à 
l'éducation des enfants. C'est pourquoi, plusieurs 
auteurs appellent cette partie cours éducatif. 

Définition de Y éducation, de Vinstruction. — Eapports 
généraux de l'éducation avec l'instruction. 

Principes généraux de l'éducation. — Education par- 
ticulière. — Education publique. 

L'instituteur est chargé de l'éducation publique. 
Cette éducation doit être à la fois domestique, na- 



4 PÉDAGOGIE. 

tionale et religieuse ; elle doit avoir pour objet le 
développement de l'homme entier, corps, esprit et âme. 
But et importance des fonctions de l'instituteur.— 
Nécessité qu'il ait une vocaWpour sa profession. 

EDUCATION DU CORPS 

Son but.— Son importance. 

L'instituteur ne peut, non plus que le père de fa- 
mille négliger l'éducation du corps, puisque le corps 
est une partie constitutive de l'homme, et que c'est 
pour l'esprit un instrument indispensable de déve- 
loppement. 

Erreur de ceux qui pensent que les enfants de la 
campagne n'ont, à cet égard, besoin ni de principes 
ni dedirection, parce qu'ils travaillent ordinairement. 
L'éducation du corps comprend : 
1. le développement du corps en général; 2* le 
développement particulier des sens et des organes ' 
3o la conservation du corps. 

Développement du corps: a Moyens par lesquels 
l'instituteur peut faciliter ou arrêter le développe- 
ment régulier du corps. 

b Défauts auxquels il doit porter une grande atten- 
tion : 

lo Chez l'enfant, poitrine étroite et renfoncée, do* 
voûté, faiblesse générale, manque de propreté, d'exer 
cice convenable ; 2' dans l'école, manque de ventila 
tion ; sièges et tables défectueux et mal construits. 



ÉDUCATION DU CORPS. 5 

c Conseils qu'il peut donner aux parents et aux 
enfants en ce qui concerne la propreté, la frugalité 
et Tordre dans les repas ; la somme de travail qui 
convient à chaque âge ; le mouvement, le repos et le 
sommeil ; les vêtements. 

.Règles générales de l'hygiène. 

Développement particulier des sens et des organes. 

Ce développement doit se faire en vue de l'éduca- 
tion et de l'instruction. Tous les sens ne sont pas 
également importants. L'instituteur devra veiller 
d'abord à ce que ,les enfants ne fassent rien qui 
puisse blesser ou diminuer la finesse d'aucun organe, 
ensuite à ce que rien dans l'école ne fatigue la vue 
ou l'ouïe. 

Moyens qu'il doit prendre pour cela : 

a. Vue. — Il ne faut pas seulement s'occuper de 
la conservation de cet organe ; il faut chercher à le 
perfectionner, en même temps qu'on habitue l'élève 
à l'observation ; 

b. Ouïe. — Les enfants habitués à crier finissent 
par avoir l'oreille lente. Faire juger des sons, 
sous le rapport de la distance, de la justesse, etc. ; 

c. Toucher. — Eviter à la fois la mollesse et l'in- 
sensibilité dans cet organe. Le toucher a un rapport 
assez intime avec l'écriture, le dessin, la musique 
instrumentale, etc., pour que l'instituteur cherche 
à le perfectionner. Avoir soin que les enfants ne 
développent pas un membre aux dépens d'un autre ; 

d. Les autres sens ont moins d'importance ; 



6 PÉDAGOGIE. 

mais si l'instituteur y remarque quelques défauts, 

il doit y remédier. 

Conservation du corps. — But et moyens. 

La conservation du corps dépendra en partie de 
l'observation des recommandations qui précèdent, et 
en partie du soin avec lequel l'instituteur veillera 
sur les jeux des élèves. Il ne permettra jamais les 
tours de force, ni les exercices acrobatique, aux- 
quels les enfants sont ordinairement portés. Los 
principes d'hygiène ont dû lui enseigner les précau- 
tions à prendre dans les journées très-chaudes, dans 
les changements brusques de la température. Il 
doit aussi connaître les soins élémentaires à donner 
dans les accidents auxquels les enfants sont exposés. 



ÉDUCATION DE L'ESPRIT. 

Des facultés générales de l'esprit. 

1° De l'intelligence. 

Moyens de la développer et de la fortifier : 

a. Lecture raison née, lecture analytique, analyse 
logique ; 

b. Connaissances générales données au moyen 
des leçons de choses ; 

c. Exercice de l'attention, en faisant rendre 
compte à l'enfant de ce qu'il a pu et dû observer ; 

d. Exercice de la mémoire, en forçant l'enfant à 
répéter l'ensemble de ce qui a été expliqué ou 
raconté, à réciter mot à mot des morceaux choisis. 



ÉDUCATION DE L'ESPRIT. 7 

e. Exercice du jugement, en faisant apprécier 
par l'enfant des faits réels ou supposés ; 

/. Exercice de la raison, en lui. faisant tirer des 
conclusions de principes clairs. 

Kègles et limites de ces exercices. 

Ces exercices ne doivent pas seulement avoir pour 
but le développement de l'intelligence, en for- 
mant le jugement de l'enfant, et en lui donnant un 
sens droit; mais aussi le développement de toutes 
les facultés de l'âme ; leur tendance doit essentiel- 
lement être religieuse et morale. 

2* De la sensibilité. 

Influence de cette faculté sur les autres. — À quoi 
conduit le défaut de sensibilité dans nos rapports 
avec la famille, la société, les inférieurs. — Consé- 
quences fâcheuses de l'excès de sensibilité. — Limites 
dans lesquelles l'instituteur doit chercher à se tenir. 

Faire naître et perfectionner dans l'âme de l'enfant 
le sentiment du vrai, du bien et du beau. — Union de 
ces trois sentiments dans le sentiment religieux. 

3° De la volonté. 

Distinguer chez l'enfant les penchants, les désirs, 
les affections, les passions et la volonté. — Influence 
de la volonté sur la vie entière de l'homme. Défauts 
qu'ils faut éviter dans le développement de cette 
faculté.— Conséquences sur la volonté de l'enfant, de 
la faiblesse des parents et des instituteurs. Moyens 
de combattre les appétits désordonnés de l'enfant. 

L'éducation de la volonté conduit directement à 
Y éducation morale. 



8 PÉDAGOGIE. 

EDUCATION MORALE 

I. Ses bases. 

a. La connaissance, la crainte et l'amour de 
Dieu et de ses commandements ; 

b. La foi et la soumisssion à l'autorité de l'Eglise ; 

c. La crainte de l'autorité paternelle ; l'amour et 
le respect de l'enfant pour ses parents ; 

d. La confiance dans le maître ; l'affection et le 
respect pour lui ; 

e. L'obéissance de l'enfant, absolue d'abord, plus 
tard libre et éclairée. 

IL Ses moyens. 

Chez les parents, chez l'instituteur, et chez l'enfant. 

1<> Chez les parents : 

L'instituteur n'a besoin de les connaître que pour 
l'application qu'il en peut faire dans une école. 

2<> Chez l'instituteur : 

a. Autorité, déléguée, par les parents et par le 
pouvoir social ; 

b. Vocation, laquelle doit être un véritable appel 
d'en haut ; 

c. Dévouement aux devoirs de sa profession ; 

d. Bons exemples du maître ; 

e. L'enseignement, qui doit intéresser l'élève, et 
avoir toujours directement un but religieux et 
moral ; 



ÉDUCATION MORALE. 9 

/. Les récompenses et les "punitions. 

But, caractère et esprit des punitions. Punitions 
corporelles. — Ce qu'elles signifient, leurs limites. — 
Différence avec les punitions simplement morales. 
L'ordre logique demande-t-il que les punitions soient 
d'abord corporelles ou matérielles ? et plus tard, quand 
le sens moral fait son apparition chez l'enfant, doi- 
yent-elles être remplacées par les punitions morales ? 

Les récompenses sont-elles utiles ou nuisibles ? 

Doivent-elles être accordées au succès, plutôt qu'au 
travail ? 

Dangers qu'il faut éviter dans les récompenses. 

Faut- il les accorder au mérite absolu ou au mérite 
relatif. — Quelle impression faut-il tâcher de laisser 
dans l'esprit de l'enfant, lorsqu'on donne une récom- 
pence ou une punition ? 

3° Chez l'enfant : 

Ce sont principalement les sentiments religieux, 
les habitudes de travail, d'ordre, de franchise, de 
douceur et de politesse. — Amour pour ses parents, 
respect pour toute autorité. 

III. Obstacles à l'éducation morale. 

1» Chez les parents : 

a. Mauvaise conduite, vices grossiers ; 

6. Mépris de la religion ou de l'autorité reli* 
gieuse ; 

c. Mépris de l'ordre et de l'autorité temporelle ; 



10 PÉDAGOGIE. 

d. Critique et mépris de l'instituteur, de ses 
conseils et de ses menaces. 
%> Chez l'instituteur : 

a. Absence des qualités indiquées plus haut ; 

b. Absence de connaissances pédagogiques ; 

c. Absence de convictions religieuses sincères ; 

d. Absence du sentiment du devoir. 
3* Chez l'enfant : 

a. Egoïsme, résultant du caractère ou de la mau- 
vaise éducation de famille ; légèreté, paresse, mol- 
lesse ; 

b. Habitude du mensonge et de la dissimulation* 
résultant des mêmes causes ; 

c. Mauvaises compagnies j 

d. Habitudes du vice contractées de bonne heure ; 

e. Ignorance religieuse ; 
/. Absence de piété. 

IV. Késultats de l'éducation morale. 

L'inspecteur doit-il les juger d'après ce qu'il voit 
dans l'école ? 

Par quels moyens peut-il s'en assurer ? 

Quels renseignements doit-il prendre à ce sujet ? 

Est-il nécessaire de prendre des notes et pourquoi ? 



DIDACTIQUE. 11 

DEUXIÈME PARTIE. 

I 

DIDACTIQUE 

Ici l'instituteur est considéré comme chargé de 
l'instruction de l'enfant. Cette partie comprend : 
1° L'enseignement. 2° Les conditions de renseignement, 

ENSEIGNEMENT. 

Dans l'enseignement il faut considérer les matières, 
les méthodes, les modes et leurs applications. 

I. Matières de l'enseignement dans les écoles 
élémentaires, modèles et académiques : 

a. Matières obligatoires d'après la loi ; 
h. Matières facultatives. 
A qui appartient le choix des matières facultatives. 
Autorité du surintendant, de l'inspecteur, des com- 
missaires et de l'instituteur. 

Principes qui doivent guider dans le choix des 
objets de l'enseignement. — Temps qui doit leur être 
consacré. 

Ils découlent : 

a. Des besoins généraux de tout homme ; 

b. Des besoins particuliers du jeune canadien, vu 
notre état de société j 

c. Enfin de la position spéciale des enfants qui 
fréquentent telle ou telle école : 



12 PÉDAGOGIE. 

Application de ces principes aux matières sui- 
vantes : 

a. Enseignement religieux, son importance et 

mesure dans laquelle il doit être donné : — 

b. Histoire du Canada, " " 
e. Calcul, « " 

d. Langue française, " " 

e. Langue anglaise, " M 
/. Lecture et écriture, " " 
g. Géographie, " " 
h. Dessin, « » 
i. Histoire, ancienne, moderne, " " 
j. " de France, d'Angleterre, " " 
k. Sciences mathématiques, " " 
l. Sciences physiques, " <• 
m. Horticulture,)agriculture, " " 
n. Apiculture, et " 
o. Couture, broderie, " " 
p. Chant, musique instrumentale," " 

II. Définitions, différences, but et règles des 
méthodes. — Ce qu'elles supposent chez le maître 
et chez l'enfant. 

1. Méthode par intuition, dont le but, la marche à 

suivre, les sujets à traiter méritent une atten- 
tion particulière ; 

2. MéthodeJ d'invention, que plusieurs divisent en 

formes euristique, catéchitique et socratique ; 

3. Méthode d'exposition suivie ou interrompue ; 

4. Méthode analytique et synthétique ; 



DIDACTIQUE. 13 

5. Plusieurs y joignent les 'procédés on formes. 

Répétitoire, ") qui ne sont pas des méthodes ; 

[•mais qui aident beaucoup l'en - 
Examinatoire, ) seignement. 

III. Divers modes d'enseignement : en quoi ils con- 
sistent, leurs avantages, leurs défauts, les règles à 
suivre : 

a. Mode individuel ; 

b. Mode simultané ; 

c. Mode mutuel ; 

d. Mode simultané-mutuel. 

IV. Application à l'enseignement des méthodes et 
des modes énumérés plus haut : 

a. A l'enseignement religieux: — Connaissance 
générale]de la religion. — Connaissance particulière 
de la lettre du catéchisme ; 

b. A l'enseignement de la lecture: — diverses mé- 

thodes et leur appréciation ; 

e. " de l'écriture, " 

d. " du calcul oral et écrit, " 

r gram., 

e. " du français, -j orthogra., " 

( pronon., 

( gram., 
/. " de l'anglais, -{ orthogra., " 

(^ pronon., 

g. A l'enseignement du style : — diverses méthodes 

et leurs appréciations ; 

k. " de la lecture expressive " 

i. " de la géographie " 

j. " de l'histoir« " 



14 PÉDAGOGIE. 

k. A l'enseignement du dessin : — diverses métho- 

et leurs appréciations ; 
I. " des formes géométriques" 

m. " de la gymnastique " 

n. " de la musique " 

o. " des notions sur les autres ob- 

jets d'étude, tels que cosmographie, histoire natu- 
relle, physique, chimie, agriculture, apiculture. 



CONDITIONS DE L'ENSEIGNEMENT. 
Ces conditions sont pédagogiques et matérielles, 

CONDITIONS PÉDAGOGIQUES. 

Elles dépendent : 
1* De l'instituteur : 

a. Il doit prendre intérêt à ce qu'il fait ; 

b. Se bien préparer, avant d'entrer en classe ; 

c. En repassant les matières déjà traitées, éviter 
les fautes commises une première fois ; 

d. Mettre de la dignité et de l'énergie dans l'en- 
seignement ; 

e. Le rendre attrayant; 

/. Apporter une grande exactitude dans l'ensem- 
ble et les détails de ses observations ; 

g. Se tenir au courant du progrès et du perfec- 
tionnement des sciences, surtout de la science de 
l'enseignement. 



CONDITIONS PÉDAGOGIQUE. 15 

2» De l'enfant: 

a. Assiduité — moyens de l'obtenir ; 

b. Attention « " 
e. Travail " " 

d. Emulation " " 

e. Mémoire " de la développer. 

3» Des parents : 

a. Eespect pour l'instituteur, du moins en pré- 
sence de leurs enfants ; 

b. Habitude de croire le maître plutôt que l'en- 
fant; 

c. Exactitude à punir les rapports mensongers ; 

d. Exactitude à veiller sur la conduite et le tra- 
vail des enfants ; 

e. Exactitude à les envoyer à l'école. 
4 # De la méthode : 

a. L'enseignement doit être élémentaire, et non 
scientifique, mais solide et rationnel ; 

6. Proportionné, sans préférence ni pour les plus 
forts, ni pour les plus faibles ; 

c. Il ne doit avancer qu'à mesure que l'essentiel 
des parties enseignées est bien appris ; 

d. Il ne doit pas s'étendre aux choses qui n'ont 
aucune valeur pour les enfants ; 

e. Les matières doivent être coordonnées entre 
elles, et chacune dans ses parties ; 

/. Il faut distinguer ce qui est moins important 
de ce qui l'est davantage ; 

g. Insister sur les éléments et les principes fon- 
damentaux et y revenir souvent. 



16 PÉDAGOGIE. 

CONDITIONS MATÉRIELLES DE L'ENSEIGNEMENT 

Leur importance. — L'inspecteur doit s'assurer de la 
mesure dans quelle elles se trouvent remplies, avant 
de juger la capacité du maître. — Avantages qui en 
résultent pour les contribuables et pour les enfants : 

a. Plan d'études. — Son importance et se s règles 

b. Distribution du temps : 1° Quand le maître 
est seul ; 2° Quand il est aidé.— Son importance et 
ses règles ; 

c. Classification des élèves, " 

d. Eèglement disciplinaire, " 

t. Eègles d'après lesquelles les prix doivent être 
accordés ; 

f. Eépétitions et examens, " 

g. Congés et vacances, " 
t. Maison d'école, sa construction, ses 

divisions, " 

j. Mobilier scolaire, " 

k. Terrain et dépendances, " 



3iême PARTIE. 

APPENDICES 

I 

L'INSTITUTEUE EN FONCTIONS. 

!• Considéré comme instituteur, mais en dehors de 
l'école. 

Qualités qu'il doit posséder pour mériter le respect 
des enfants et la confiance des parents. 



l'instituteur en fonctions. 17 

Il doit être pieux—grave — patient—prudent — dé- 
voué ~ désintéressé— Avoir un extérieur convena- « 
ble ; 

Il veillera encore sur les enfants en dehors de 
l'école ; 

Il verra les parents à leur sujet. 

2° En rapport avec ses supérieurs : 

a. Avec M. le curé ; 

Le visiter au temps de rengagement et dans le 
cours de l'année. 

Obtenir qu'il visite l'école, et pourquoi. 

Déterminer avec lui les conditions de l'enseigne- 
ment religieux ; l'époque où il confessera les 
enfants. 

Surveillance que le maître exercera à l'église sur 
les enfants. 

Quels services il pourra rendre, soit comme chantre 
et organiste, soit comme maître de chœur. 

b. Avec les parents : 

L'instituteur doit-il visiter les parents ?— Dans 
quel but et comment doit-il le faire ? 

Doit-il recevoir leurs visites et leurs plaintes ? — Ou 
et comment ? 

e. Avec les commissaires : 

S'il doit les considérer comme ses supérieurs immé- 
diats — Comment il doit traiter avec eux les conditions 
de son engagement — S'il doit faire constater l'état 



18 PÉDAGOGIE. 

matériel de l'école, de son mobilier, des dépendances 
et du terrain, et leur en rendre compte — S'il doit pré- 
ciser les conditions de son engagement et les obliga- 
tions que les commissaires prennent envers lui pour le 
protéger contre la mauvaise volonté des parents, pour 
le payer, pour les congés, les vacances, etc. — S'il 
est utile de faire constater par les commissaires (ou 
par l'inspecteur) les connaissances que les enfants 
possèdent, de faire approuver le programme, la table 
du temps, le règlement, etc. 

Comment se comporter avec eux dans le cours de 
l'année. — Dans le cas où leurs enfants fréquentent 
l'école. — Lorsqu'ils visitent l'école. 

Le secrétaire-trésorier a-t-il quelque autorité sur 
l'instituteur ? — Celui-ci doit-il signer le rapport offi- 
ciel que le premier transmet au surintendant, sans 
avoir reçu le montant du traitement ? 

d. Avec les visiteurs et l'inspecteur : 

Quelles sont les personnes qui ont droit de visiter 
l'école. — Etendue de ce droit. -Comment les recevoir. 
— Cahier de visites. — Inscriptions à y faire. 

Devoirs de l'instituteur à l'égard de l'inspecteur. 

Comment il doit le considérer, le recevoir, lui 
écrire.— Ce qu'il doit attendre de l'inspecteur. — S'il 
doit se contenter de sa visite, ou lui écrire et le mettre 
au courant de ce qui le concerne. 

e. Avec le surintendant : 

Comment correspondre avec lui. — Se mettre au 



l'instituteur en ponctions. 19 

courant de ses ordres et de ses avis — Difficultés qui 
doivent lui être soumises. — Journal de V Instruction 
Publique. 

3° L'instituteur considéré comme citoyen : 
Ses devoirs. 

a. Ne pas s'aliéner l'opinion publique ; 

b. Ne pas se montrer trop intime avec certaines 
personnes, surtout avec des jeunes gens ; 

c. Apporter une grande prudence dans ses appré* 
ciations des hommes et des choses ; 

d. Ne se prononcer pour aucun parti dans les 
divisions politiques et locales. 

Ses droits. 

a. Il ne doit être considéré comme le serviteur 
ni de la paroisse, ni des commissaires ; 

b. Il n'est pas l'obligé des hommes de profession, 
encore moins du secrétaire-trésorier ; 

<?. Il doit^être traité avec respect par tous ; 

d. On ne doit pas trouver mauvais qu'il s'abs- 
tienne de prendre part aux luttes des partis. 

e. Il a le] droit d'assister aux conférences et à 
toutes les réunions, selon désir du surintendant. 



II. 

HISTOIKE DE LA PEDAGOGIE. 

I. Chez les païens, principalement chez les Grecs et les 
Romains. 



20 PÉDAGOGUE, 

a. But et moyens de l'éducation ; 

b. " . de l'instruction. 

c. Religion — morale — honnêteté — vie privée, 

d. Langue — sciences — musiquo— gymnastique. 

II. Chez les Juifs. 

Sentences tirées des livres sapientiaux. 

III. Chez les peuples chrétiens. 

a. Moyen-âge ; 

Caractère général de l'éducation dans la famille. 
Institutions qui donnaient l'instruction. 
Principes de pédagogie.— On les trouve résumés 

dans le livre de St. Thomas sur Yéducation des 

princes. 

b. A partir du 16e siècle ; 

Principes de pédagogie d'après St. Charles Borr. 
" " le Bienheureux La Salle. 

" " Fenélon ÇEduca. des filles.) 

" " Rollin (Traité des études.) 

c. Temps actuels. 
Pestalozzi. 

Bell et Lancaster. 

Hamilton. 

Ecoles anglaises. — Caractère et système. 

Ecoles américaines, " " 

Ecoles allemandes, " " 

Principes de pédagogie d'après Jacotot. 

" " " le P. Girard. 

Ecoles françaises. — Caractères et systèmes. 
Ecoles Belges, " * 



OUVRAGES A CONSULTER. 21 

Salles d'asile et jardins d'enfants— Aperçu histo- 
rique — points de contact et différences. 
d. Instruction en Canada. 

1. Sous la domination française ; 

2. Depuis la conquête jusqu'en 1824. 

3. Depuis 1824 jusqu'à l'Union. 

4. Depuis l'Union jusqu'à nos jours, dans la pro- 

vince de Québec. 
Différents degrés de l'instruction, depuis l'école 
élémentaire jusqu'à l'Université. 

Etablissements spéciaux. —Asiles. — Orphelinats — 
Aveugles, sourds et muets. — Ecoles de réforme. 
Système scolaire de la province de Québec. 



III. 

OUVRAGES A CONSULTER. 

Fénéléon — Education des filles, 
Eollin —Traité des Etudes. 
Braun— Traité de Pédagogie, 3 vol. 
Dupanloup — De V Education. 
Lange vin — Traité de Pédagogie. 
Rendu— Cours de Pédagogie à Vusage des Ecoles Nor- 
males. 
Barrau — Du rôle de la famille dans V éducation. 

Direction morale pour les instituteurs. 

Conseil sur V éducation dans la famille et au 

collège 



22 PÉDAGOGIE. 

Levi Alvares — Cours pratique d'éducation maternelle, 

Guimps — Philosophie et pratique de l'éducation, d'après 

Pestalozzi. 
Larousse — Journal l'Ecole Normale. 
Charbonneau — Cours théorique et pratique 
Daligault — Cours pratique de Pédagogie. 



PROGRAMME 



DE 



L'INSPECTEUR 



L'inspecteur doit savoir : 
1<> Des qualités. 

a. Qualités morales; 

b. Qualités intellectuelles ; 

c. Qualités physiques. 
2» Des connaissances. 

a. Connaissances obligatoires ; 

b. Connaissances facultatives, mais très-impor- 
tantes. 

3o Des pouvoirs. 

a. Pouvoirs ordinaires que la loi lui donne ; 

b. Pouvoirs extraordinaires qui peuvent lui êtr© 
conférés. 



24 INSPECTION ET EXAMEN. 

II 

INSPECTION ET EXAMEN. 

Différence et importance de ces deux opérations— 
laquelle doit précéder l'autre ? 

Visite de l'inspecteur. — Doit-elle être annoncée ou 
imprévue, et pourquoi?— Doit-elle commencer avec la 
classe ou vers la fin de la classe, et pourquoi ? — Doit- 
elle commencer par l'examen ou par l'inspection, et 
pourquoi ? — Doit- elle commencer par les plus jeunes 
ou par les plus avancés, et pourquoi ? — Doit-elle s'éten- 
dre à l'inspection du local, de la maison et du mobi- 
lier ? A chaque fois, ou de temps à autre ? 

INSPECTION. 

1° Inspection : — Trois choses à observer : Ordre, 
méthode et arrangement — comment les appré- 
cier? 

L'inspecteur doit connaître les défauts qui se ren- 
contrent le plus souvent dans une classe : 

a. Chez les enfants. — Manque d'ordre matériel 
dans la manière de se former en classe, de tenir 
son livre, sa plume, etc. ; de se lever, de s'asseoir ; 

b. Chez le maître. — Ne pas se mettre aune place 
et dans une position convenable pour reprendre les 
élèves de l'œil et de la voix. — Ne pas laisser prendre 
aux élèves une voix monotone et chantante; ne 
point préparer ses classes, surtout celles des leçons 
de choses.— Est- il désirable que l'instituteur tienne 



INSPECTION. 25 

des notes de son travail préparatoire pour que 
l'inspecteur sache ce qui a été enseigné, et inter- 
roge en conséquence ? 
L'inspecteur doit remarquer : 

a. Si les enfants se présentent aux classes d'un 
air triste ou indifférent, et pourquoi ; 

b. Quel parti le maître tire des appareils et 
instruments qu'il possède, et pourquoi ; comment 
il parle aux élèves : avec vigueur ou sans feu; 
d'un ton bas ou trop élevé. 

Si l'instituteur a des sous-maîtres, quelle direction 
et quelle attention leur est donnée. 

L'inspecteur ne doit pas borner sa visite à cons- 
tater ce qui est bien ou mal ; il doit chercher à faire 
progresser. Pour cela, il doit prendre des notes : 
1° sur le maître — elles lui serviront tant que celui- 
ci sera dans son district d'inspection — 2° sur les élèves, 
afin de constater leurs progrès les années suivantes. 

Il doit connaître les moyens d'émulation et de ré- 
pression — leur valeur absolue et relative. 

Inspection de la lecture j Prin fP es ? onne ' ! P" Ie miln 1 Méthode à 

(. obswve* par l'eleve j suivre pour 

( u un | . r 

« de l'écriture \ juger ;pren- 

ae lecnture j u u (i | dre deg no _ 

Inspection de l'enseignement de la grammaire }■ tes, donne r 

.< » de l'Histoire ! des conseil s 

» " de la Géographie I et classe 

" " de l'Arithmétique | chaque ma- 

<< " du Chant J ttère. 

2° Examen. — Dans quelle mesure il est nécessaire, 
après une bonne inspection: 



26 INSPECTION. 

a. Pour les petits enfants ou dans les classes 
élémentaires; 

b. Dans les classes moyennes ; 

c. Dans les classes supérieures, 

Examen collectif — examen individuel. But que 
l'inspecteur doit se proposer — Il doit vérifier : 

a. Le développement intellectuel ; 

b. Les connaissances particulières. 

Règles à suivre — notes à prendre — récompenses 
à donner. 



III 

1° Indépendamment de l'examen à faire, l'inspec- 
teur doit voir : 

a. Le curé, pour s'assurer s'il a quelques plaintes 
contre le maître ou les élèves. — Conduite morale, 
ponctualité, prudence, estime ; 

b. Les commissaires, dans le même but, et pour 
s'assurer si le maître remplit ses obligations ; 

c. Quelques personnes importantes et indépen- 
dantes, surtout quand il y a divergence de senti- 
ments à l'égard du maître, afin de mieux se mettre 

au fait de la vérité. 

d. L'instituteur, pour lui faire des observations 
sur son enseignement, sur sa méthode, etc. ; et 
pour lui donner des conseils, s'il y a des plaintes 
sur sa conduite. — Etre ferme, mais pas trop sévère ; 



INSPECTION. 27 

jamais dur. — Ces qualités devront se trouver dans 
les notes qu'il laissera dans le livre de l'école. 

e. Le secrétaire-trésorier. — Inspecter ses livres. 
— Vcir à ce que l'instituteur soit payé régulière- 
ment. -S'il n'y a pas de négligence à faire payer 
les contribuables. — L'inspecteur devra se persuader 
que cet examen est un devoir de conscience pour 
lui, et le principal moyen de couper court aux abus 
énormes qui se commettent. 

Tact et prudence que l'inspecteur doit montrer 
dans ces rencontres. — Ne pas former son jugement 
trop vite. — Ne pas se presser de faire des promesses, 
et éviter de laisser croire qu'il ne consulte que pour 
la forme. 

2o L'inspecteur doit faire rapport au surintendant 
de sa visite, d'après les instructions et dans la 
forme qui lui sont prescrites. — Impartialité, jus- 
tice, exactitude. 
Est-il utile qu'il entretienne une correspondance 
officielle avec les maîtres et les commissaires ? 

Avantage et inconvénients de cette correspondance. 

L'inspecteur doit avoir des archives et conserver 

les doubles de toutes ses pièces officielles, et pourquoi ? 

3° L'inspecteur doit être comme le directeur de 
toutes les écoles de son district. 

Il doit leur donner l'impulsion, tâcher d'en former 
un ensemble, comme les classes d'une vaste école. 



28 INSPECTION. 

Il aura un tableau géographique et une liste alpha- 
bétique de toutes les écoles, avec les noms des insti- 
tuteurs, des commissaires et du secrétaire-trésorier ; 
et il prendra des mesures pour être mis au courant 
des changements qui peuvent survenir. 

Un excellent moyen de donner une impulsion 
commune, est de réunir les instituteurs par groupes, 
par exemple, ceux d'une paroisse, et de leur faire une 
conférence. 

Est-il utile que l'inspecteur assiste aux conférencea 
de l'une des deux grandes circonscriptions ? 

4 e L'inspecteur chargé de missions spéciales. — 
Il doit suivre ses instructions, s'assurer de l'éten- 
due de ses pouvoirs.— Agir avec modération, pru- 
dence, fermeté, impartialité et justice. Savoir sacri- 
fier la popularité à la justice. 

En somme, il doit se rappeler la responsabilité qui 
pèse sur lui. 



Fin.